Tarologue

voyante

Mon histoire

Comment se déroule une consultation ?

Liens sur la cartomancie

La Tarologie

Me Contacter (hors consultation)

Accueil

Tarot Terre

Dans quelques jours, le Horla, monté par MM. Paul Jovis et Mallet, reprendra la route abandonnée depuis cette catastrophe, et s'élèvera, si aucun accident ne vient entraver la volonté des aéronautes à la hauteur de 8000 mètres.
Le Figaro, suivant en cela l'exemple magnifique du New York Herald qui, après avoir envoyé des expéditions au Pôle Nord, lança Stanley à travers l'Afrique, le Figaro a préparé, avec un soin minutieux, tous les détails de cet intéressant et hardi voyage.
En outre, une commission spéciale va être nommée, avec le concours du Bureau central météorologique et de la Faculté de médecine, pour contrôler et étudier les renseignements que rapporteront les voyageurs.
Quelques savants officiels, qui patronnèrent la malheureuse ascension du Zénith, semblent croire aujourd'hui, malgré les tentatives victorieuses de Robertson, de Gay-Lussac et de Glaisher, que l'homme ne peut vivre au-dessus de 7000 mètres, et que, s'il résiste aux dangers de ces hauteurs, il n'y conserve pas assez de lucidité pour poursuivre d'utiles observations météorologiques.
En tout cas, l'éminent directeur de l'Observatoire de Meudon, M. Janssen, a déclaré que cette expérience aurait le plus grand intérêt si on la pouvait accomplir entièrement, prouver l'altitude atteinte et la durée du séjour aux grandes hauteurs. Mais il doute que ces conditions puissent être tout à fait remplies.
Pour vaincre ces difficultés, M. Jovis a fait construire d'abord un appareil enregistreur semblable à celui dont nous nous sommes servis dans notre premier voyage sur le Horla. Mais cet appareil réglé alors à 3000 mètres va l'être à 9 500. Mû par un mouvement d'horlogerie très délicat, il dessine sur une bandelette de papier roulée autour d'un cylindre, et qui se déroule d'une façon lente et régulière, une petite ligne noire, à l'encre.
Le tracé vertical révèle la hauteur atteinte, tandis que la longueur du trait mesure la durée de chaque période de l'ascension. Ce baromètre précieux, construit par MM. Richard frères, est exposé, dès maintenant, dans la salle des dépêches du Figaro.
En outre, les baromètres à déversement de mercure sont des témoins irrécusables de l'élévation ; car le mercure contenu dans un tube à deux branches monte dans l'un et baisse dans l'autre à mesure que diminue la pression atmosphérique. Cet appareil étant réglé à 7000 mètres, le métal liquide parvient alors à l'orifice du tube libre et se répand. La quantité répandue indiquera, par conséquent, de combien on a passé 7000 mètres.
Tous les autres appareils, électroscope, boussole aérienne, instrument des plus précieux inconnu jusqu'à ce jour, seront construits par l'ingénieur Chevalier.
La question des vêtements pour affronter une différence de température qui peut être de cinquante degrés en une heure a été résolue grâce aux conseils du géographe M. Liénard, que ses nombreuses ascensions ont renseigné sur ces dangers. Ils seront en soie et garnis intérieurement d'une fourrure fine et légère. Les propriétaires de la Belle Jardinière, qui sont eux-mêmes des aéronautes, et dont l'un fut, avec moi, parrain du Horla, se sont chargés de les faire confectionner. Enfin, la nouvelle nacelle du ballon, contenant tout le laboratoire aérien nécessaire pour cette montée, sera exposée la semaine prochaine.
Bonne chance aux voyageurs.

 

 

©2009